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[Moselle Aviculture]


COLOMBICULTURE


JEUNE OU ADULTE ?


Cette question je me la pose à chaque fois lors de la rédaction de mes déclarations d’inscription aux expositions.

Comment un sujet de l’année en cours peut-il rivaliser en exposition avec un sujet adulte ?

A mon avis personnel, je pense, et je suis même certain, que le jeune n’a aucune chance, car rares sont les déclarations aux expositions françaises où l’exposant à la possibilité de faire le distinguo entre les jeunes sujets et les sujets adultes, et pour cause, il n’y a pas de colonne A/J sur les feuilles d’inscription.

Quelle importance ? me direz-vous.

Eh bien,  pour en avoir fait l’expérience des dizaines de fois, j’affirme que les jeunes sujets mélangés aux adultes ne l’ont pratiquement jamais remporté.

Alors, c’est au juge de donner l’avantage au jeune ; c’est, en général, ce qu’il essaie de faire. Oui mais voilà, si effectivement c’est facile dans les races à pattes lisses, cela se complique chez les races pattues où la bague n’est pas visible au premier coup d’œil. Et d’une façon générale, c’est bien plus compliqué que cela, car le jugement des pigeons se fait par comparaison dans une même classe ( tous les mâles strasser bleu sans barre par exemple). D’abord, le juge apprécie cette classe pour évaluer le niveau, ensuite seulement il juge individuellement chaque sujet ; mais à ce second stade il est généralement trop tard car le juge aura son idée, il aura repéré les meilleurs et c’est ainsi que les adultes auront pris le dessus car plus forts, plus expressifs et souvent plus à l’aise dans leur cage.

Si la classe était composée uniquement de jeunes sujets, la démarche du juge étant toujours la même, il n’aurait eu à comparer que des jeunes sujets entre eux, donc pas de compétition entre jeunes et adultes d’où une appréciation et une note plus juste.

Bref, tout est discutable, il y a les logiciels qui ne prennent pas l’âge en compte, ensuite il y a plus de travail au niveau classification dans le catalogue, les excuses sont nombreuses pour ne pas se rendre à l’évidence simple que le résultat sera faussé.

Juste quelques exemples :  mélangez donc les jeunes et les adultes chez les pigeons de formes, cauchois, mondain, romain, strasser, lynx, etc…, vous verrez si les adultes n’enlèvent pas les plus hautes notes. C’est évident, un jeune romain aussi beau puisse-t-il être, ne pourra pas concurrencer un adulte, pour la simple raison qu’il faut plus d’un an  à cette race pour atteindre sa maturité, il en est de même pour presque toutes les races de forme.

Et les autres ? Eh bien prenons les « structures » , capucin, frisé, queue de paon, rares sont là aussi les jeunes ayant une structure aussi développée que les adultes.

Ensuite il y a les « boulants ». Trouvez des jeunes ayant un tempérament aussi développé que celui des adultes, pas facile…

Puis viennent les « cravatés » où souvent la substance de tête fait la différence, eh bien ce sont encore les adultes qui passeront devant.

Quelquefois, l’effet inverse existe aussi. Dans certaines races, les jeunes peuvent effectivement prendre l’avantage. C’est le cas chez certains « caronculés » par exemple ; chez le dragon, les morilles nasales sont mieux striées chez un jeune que chez un adulte, et il y a d’autres exemples flagrants. En finalité, le jugement sera à nouveau faussé, parce que le juge a eu à comparer l’incomparable.

Tout ceci m’encourage à demander aux organisateurs d’exposition, dont je fais partie, de séparer les classes d’âge, au moins dans les expositions de grande envergure et lors des championnats.

Je peux comprendre que lors d’une exposition locale, l’âge des sujets ne soit pas demandé ; je peux également comprendre qu’il s’agit là d’une certaine commodité pour les exposants. En effet, lors de l’inscription il n’y a pas à se casser la tête pour remplir sa liste, mais il faut dire que ces présentations se passent souvent entre amis et que l’esprit de convivialité dépasse la compétition, en tout cas je l’espère…


En championnat, même si la convivialité est bien présente, la compétition est rude, il s’agit quand même de désigner les meilleurs sujets et par conséquent les meilleurs éleveurs, donc de désigner les meilleures sources d’amélioration pour la race.

Le pire est encore d’avoir des réponses positives à l’occasion d’une demande ! On vous affirme que les classes A/J sont bien séparées et lorsque les feuilles d’engagement paraissent, la colonne servant à stipuler l’âge est inexistante. Là, c’est manque de sérieux…

Tout cela est d’autant plus regrettable que, par ailleurs, nous avons fait d’énormes progrès en terme de présentation dans nos expositions. Je veux parler d’avancées techniques comme les fonds de cages ; savez vous que les pigeons récupèrent beaucoup plus vite grâce à cette amélioration ? Ce n’est pas uniquement pour l’esthétique, mais aussi et surtout pour le bien-être des animaux ; ces derniers sont beaucoup plus calmes et se présentent mieux grâce au fond de cage, c’est  d’abord une question de tranquillité pour l’animal.


Et puis la hauteur de présentation, sans oublier la suppression des doubles rangées où ceux du dessous étaient souvent pénalisés à tort, et le respect de la taille des cages presque partout, à ce sujet il faut savoir qu’une cage trop grande n’est pas forcément une bonne chose, souvent les petites races ont tendance à s’y perdre et à ne plus se présenter comme elles le devraient.

Les Allemands ont bien compris toutes ces astuces ! Prenons l’exemple des strasser ; ils sont présentés en cages de 40 x 40, à hauteur d’homme avec un fond de cage. Combien de fois ai-je entendu parler de ces strasser en Allemagne, nos éleveurs se sont souvent laissés surprendre en achetant à prix d’or certains de ces pigeons et quelle ne fut pas leur déception lorsqu’ils ont comparé leur acquisition avec leurs propres sujets à la maison ! En réalité la différence n’était pas si flagrante, mais tout était dans la présentation.

 Aujourd’hui nos présentations sont souvent supérieures à celles des expositions étrangères ; nous avons rattrapé notre retard bien qu’il reste encore quelques détails à régler : la litière, l’éclairage (pas facile), la répartition des juges, l’accueil (quelquefois), l’état sanitaire (facile, il suffit de participer aux journées techniques) et... bien sûr ... LA SEPARATION DES CLASSES "JEUNES ET ADULTES" .


                                                                        Alors, JEUNES OU ADULTES ?


                                                                                                                                                                      Le 12 novembre 2010

                                                                                                                                                                          Christian IDOUX

                                                                                                                                                                           Juge colombicole